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Une recherche effrénée de soldats disparus...

mardi 12 février 2019, par Théa Ginepro

Une recherche effrénée de soldats disparus
Mathilde, une jeune fiancée, va tout faire pour découvrir l’histoire macabre du dimanche 7 janvier 1917, cette nuit où cinq soldats français ont été jetés dans le No Man’s Land pour s’être mutilé la main. Le Bleuet, le plus jeune des condamnés, s’est fiancé à elle avant de partir pour cette guerre : ils étaient très heureux. Mathilde contactera par la suite tous les soldats et généraux survivants de Bingo Crépuscule, cette tranchée fatidique. Elle écrira aux compagnes, aux proches de ces hommes. Elle découvrira l’entière vérité de cette affaire par son acharnement : elle le veut pour son beau Manech, elle le doit. Mathilde ne sait en rien ce qui l’attend derrière toute cette triste aventure.

Ce roman historique français de Sébastien Japrisot, paru aux Éditions Denoël le 6 septembre 1991, a reçu le prix Interallié et a été adapté au cinéma en 2004. Jean Baptiste Rossi sous son nom de plume, l’anagramme, Sébastien Japrisot est né en 1931 et mort en 2003. Romancier, scénariste, traducteur, réalisateur et parolier français, il a publié entre autres :
- Les mal partis (1948) => son premier roman
- La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil (1966)
- La Passion des femmes (1986)
- Un long dimanche de fiançailles (1991)

Ce roman démarre d’une histoire d’amour et se poursuit en enquête policière dans un contexte historique. Ainsi, il peut intéresser un large public.
Par ses descriptions détaillées, l’auteur permet une immersion totale au milieu des personnages dans le chaos de la guerre et de ses conséquences.
Les nombreuses lettres d’amour, d’espoir, historiques et policières en font presque un roman épistolaire dont le lecteur se sent destinataire et donc l’immergent sur le champ de bataille tel un soldat de 1917.
Le langage est soutenu, les intrigues amoureuses, policières et historiques s’entrecroisent, les personnages sont nombreux, le lecteur doit alors être averti et concentré dès le début pour se laisser porter jusqu’à la fin du roman sans ennui ni longueur.
Ce livre poignant montre de façon réaliste la cruauté, l’absurdité de la guerre, les tristes mensonges pour cacher des affaires macabres mais la vérité finit toujours par ressortir à force d’amour et de détermination.

Ce chef d’œuvre romanesque dans le contexte historique de la première Guerre Mondiale porte de très beaux messages d’amour et d’espoir.

« Jean Etchevery à Mathilde Donnay,
Villa Poéma, Cap-Breton, Landes.
6.1.17

Mon amour,
Aujourd’hui, je ne peux pas écrire, un camarade landais le fait pour moi. Ton visage est tout éclairé, je te vois. Je suis heureux, je reviens. J’ai envie de crier ma joie sur la route, je reviens. J’ai envie de t’embrasser comme tu aimes, je reviens. Il faut que je marche vite. Demain, c’est déjà dimanche et on nous marie lundi. J’ai envie de crier ma joie sur la route des dunes, j’entends Kiki mon chien qui vient à travers la forêt, tu es avec lui, tu es belle et tout en blanc, j’ai bien du bonheur de notre mariage. Ah oui, ma Matti, je viens vers toi dans cette lumière, j’ai envie de rire et de crier, mon cœur est plein de ciel. Il faut préparer la barque avec des guirlandes, je t’emmènerai de l’autre côté du lac, tu sais où. J’entends toutes ces vagues immenses et j’entends ta voix dans le vent qui me crie ton amour : « Manech ! Manech ! » Et je vois les bougies allumées dans la baraque en bois et nous deux couchés sur les sennes, je vais courir de toutes mes forces, attends-moi. Mon amour, ma Matti, nous serons lundi mariés. Notre promesse est gravée avec mon canif dans l’écorce du peuplier au bord du lac, c’est tellement nous, c’est tellement clair.

Je t’embrasse tout doux, tout doux comme tu aimes, et tes beaux yeux je les vois, et ta bouche dans la lumière, et tu me souris.

Manech.  »
Extrait du livre un long dimanche de fiançailles, chapitre « La veuve blanche », page 77-78

« Sur la photo d’Esperenza, dans la tranchée, ils ont tous le même âge, celui de la fatigue et de la misère. »
Extrait du livre un long dimanche de fiançailles, chapitre « Le coffret en acajou », page 176

« Elle croit avoir compris ce qui s’est réellement passé à Bingo Crépuscule mais, pour en être sûre, elle doit tout vérifier, les notes qu’elle a prises, les lettres qu’elle a reçues, tout, parce que l’histoire de ces trois jours de neige est tissée de trop de mensonges et de trop de cris pour que le murmure le plus révélateur ne lui ait pas échappé. »

Extrait du livre un long dimanche de fiançailles, chapitre « Les amoureux de la Belle de Mai », page 315


Lison Michel

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